Réponses aux questions écrites d’AG2S

Réponses aux questions écrites d'AG2S

Assemblée Générale du 18 mai 2018

Questions écrites posées au Conseil d’administration

Seize questions ont été posées par l’Association des Actionnaires Salariés et Anciens Salariés du groupe ENGIE (AC2S) représenté par M Philippe Bourguignon

o Développement de l’actionnariat salarié

Est-il envisagé des opérations sur le capital à un rythme annuel (comme ce qui est pratiqué par certaines sociétés du CAC 40, comparables en termes d’effectifs et d’implantations géographiques) pour permettre de développer l’actionnariat salarié ?

Réponse apportée :

ENGIE attache une grande importance à l’association de ses salariés aux résultats du Groupe. C’est bien pour cette raison qu’ENGIE met en place son plan Link 2018 innovant, permettant aux salariés d’investir de manière sécurisée dans leur entreprise. Le plan LINK vient compléter d’autres dispositifs permettant aux salariés d’épargner via le titre ENGIE ; en effet, le Plan d’Epargne Groupe, est disponible toute l’année pour recevoir la participation, l’intéressement et des versements volontaires et l’abondement éventuel, dans des conditions fiscalement favorables. ENGIE continuera à développer ces dispositifs pour associer ses salariés aux résultats du Groupe et sera attentif aux améliorations législatives que le gouvernement pourrait introduire pour favoriser une hausse du niveau d’actionnariat salarié.

o Visibilité de l’actionnariat salarié auprès des milieux financiers

Le Groupe ENGIE envisage-t-il d’intégrer, à une échéance rapprochée, l’indice EURONEXT FAS IAS des sociétés disposant d’un actionnariat salarié significatif ?

Réponse apportée :
Cet indice subit une relative instabilité tant dans sa composition (soit un tiers d’entrées/sorties depuis juin 2016) que dans sa valorisation (conséquence de la composition changeante). Il est en effet revu trimestriellement à partir des données fournies par les entreprises, après l’examen du comité scientifique de l’indice IAS. Engie a ainsi fait partie de cet indice en 2016 et n’y figure plus. Nous attachons beaucoup d’importance à l’actionnariat salarié chez ENGIE et communiquons directement et explicitement sur cette question. En cas d’une plus grande crédibilité de la composition de cet indice, nous pourrions réévaluer notre position.

o Coopération stratégique entre ENGIE et SUEZ

La désunion avec SUEZ et l’absence de différenciation technologique avec nos concurrents, au-delà du prix offert par le concurrent ne sont-elles pas les réelles causes de la perte de certains appels d’offres (ex : DIJON) ?

Prévoyez-vous dans les années à venir un rapprochement avec SUEZ notamment au plan industriel et commercial mais surtout technologique ?

Réponse apportée :

ENGIE et SUEZ développent leur coopération en fonction des complémentarités de leurs savoir-faire respectifs et des contextes techniques et commerciaux, comme par exemple dans les domaines suivants : – la production d’énergies renouvelables en lien avec le traitement des déchets (réseaux de chaleur alimentés à partir d’usines d’incinération) ou sur des sites de stockage de déchets. Ainsi, en mars 2018, un accord de partenariat a été conclu visant à installer, à un horizon de trois ans, un gigawatt de panneaux photovoltaïques sur des sites de stockage de déchets de SUEZ en France ; – les offres de services aux industriels couvrant à la fois les cycles de l’énergie et de l’eau.

Dans le domaine des smart cities des coopérations peuvent également être étudiées. Les obligations de marché font que, dans certains cas, SUEZ et ENGIE peuvent faire partie de groupements différents. En aucun cas, cela ne pénalise l’une ou l’autre société.

o Positionnement commercial sur le segment B2C

Faut-il déduire du nombre faible d’acquisitions dans le domaine des services aux particuliers un possible désengagement du Groupe du segment B2C en France ?

Réponse apportée :

Tout indique un engagement fort du Groupe dans le B2C en France puisque ENGIE, à titre d’exemple : – est celui qui a été le 1er à proposer de l’électricité verte à tous ses nouveaux clients, – est le n°1 de la maintenance d’équipement de chauffage en France, – connait une forte croissance de son portefeuille de contrats clients, tant de fourniture d’énergie (+4% entre 2015 et 2017) que de services (+18%), – connait une amélioration de la satisfaction client qui passe de 81% (2016) à 83% (2017), – enrichit son offre sur les services qui, au-delà de ceux proposés par My Power ou MesDépanneurs, comprennent l’installation et le suivi d’équipements de chauffage (chaudière, pompe à chaleur), la vente d’équipements pour le confort et de la sécurité (thermostat connecté, détecteur de fumée) et la mobilité électrique (avec Elec’Charge).

ENGIE poursuit une forte ambition de développement dans le BtoC en France, sur la
base de son portefeuille de clients, de la capacité d’innovation marketing de ses équipes, d’acquisitions ciblées et de la puissance de sa marque.

o Réforme des retraites des Industries Electriques et Gazières

Avez-vous évalué les impacts financiers et sociaux pour ENGIE de la réforme des retraites annoncée par le gouvernement ?
Ne considérez-vous pas que cette réforme puisse avoir des conséquences majeures, notamment en ce qui concerne la rémunération et la classification des emplois, du fait de l’intégration des primes dans les cotisations des retraites et leur droit à pension ?
Par analogie avec les conséquences de la réforme en cours à la SNCF, ne pensezvous pas prudent d’anticiper cet impact sur la profitabilité de 2018 et 2019 ?
Ne pensez-vous pas utile, par ailleurs, de démarrer les concertations avec les différentes parties prenantes, comme l’a engagé EDF ?

Réponse apportée :

A ce stade, il n’est pas possible d’en évaluer un quelconque impact financier prévisionnel pour ENGIE.
C’est naturellement au niveau de la branche des IEG qu’aura lieu le dialogue social, dès que les modalités de la réforme seront suffisamment connues.

o Fidélisation des salariés au statut Industries Electriques et Gazières (IEG)

Compte-tenu des conséquences prévisibles de la réforme de retraite en terme de rémunération et classification, quelle alternative prépare le groupe ENGIE pour capter ou conserver des talents dans les postes bénéficiant du statut IEG ?

Avez-vous pensé à un régime complémentaire et à ses modalités de financement: assurance, fond de pension, cotisations salariales et patronales ?

Réponse apportée :

Il est trop tôt pour évaluer précisément l’ensemble des conséquences de la future réforme des retraites pour les salariés relevant du statut des IEG et donc pour travailler à un éventuel dispositif de retraite complémentaire.

o Place et rôle de la R&D pour ENGIE

Quel est, selon vous, le positionnement souhaité et nécessaire de la R&D dans un Groupe de 150 000 Collaborateurs, en particulier dans le domaine du digital, nouveau pour ENGIE ?

Comment parier sur un leadership durable avec des budgets de recherche nettement inférieurs aux budgets de communication ?

Réponse apportée :

Dans un monde énergétique en révolution, du fait notamment d’évolutions technologiques de grande ampleur, ENGIE place l’innovation au cœur de sa stratégie comme levier de compétitivité, de création de valeur et de croissance dans les domaines d’activité qu’il a choisis, au bénéfice d’un progrès harmonieux.

Pour intensifier ses efforts en faveur de l’innovation et du digital, le Groupe a revu son dispositif de R&T, revisité ses thématiques de R&D prioritaires et les roadmaps à 3 ans associées, déployé de nouveaux dispositifs internes notamment pour renforcer le lien entre R&D et business. Il a également renforcé ses liens avec les écosystèmes externes de l’innovation et de la technologie à l’échelle mondiale (ouverture de deux nouveaux ENGIE Lab, l’un à Florianopolis (Brésil), l’autre à Shanghai), et a accru ses investissements (acquisitions, prises de participation ciblées) pour élargir sa gamme de solutions innovantes, technologiques ou digitales.

Parmi les sujets de R&D prioritaires, les deux thématiques que sont l’hydrogène et l’intelligence artificielle ont été sensiblement renforcées (doublement des efforts de R&D en 2018 par rapport à 2017).

o Les orientations technologiques digitales du Groupe

Les investissements du Groupe dans l’innovation ne vont-ils pas à rebours d’une tendance de fond de l’industrie digitale de demain qui s’appuie sur des services ouverts, standardisés et interopérables à l’opposé d’une approche monolithique et centralisée ?

Réponse apportée :

La transformation digitale du Groupe est ouverte à l’ensemble des technologies disponibles et n’en exclut aucune a priori. Chaque technologie retenue est évaluée à l’aune de critères multiples parmi lesquels : la performance / robustesse, la sécurité, la maintenance, les coûts,… Les technologies dites « open source » sont mises en œuvre dans différents projets notamment chez GRDF et dans la BU Global Energy Management. Au niveau Groupe, l’échange et le partage de données (prioritairement en interne du Groupe) sont encouragés en particulier au travers : – d’une plateforme Data transverse au Groupe – d’un portail API – d’une démarche d’Open Data Manifesto pour stimuler le partage de données et l’identification de « use cases » transverses.

Est-il possible d’obtenir un état des lieux objectif de la valeur que ces dépenses informatiques (que l’on évalue empiriquement à quelques centaines de millions) ont créée après 3 ans de contrat ou vont créer pour le groupe ENGIE ?

Réponse apportée :

Depuis 2016, le Groupe et ses entités ont investi environ 400 M€ dans leurs projets digitaux (projets de BU – ex : Gazpar, transformation des filières, plateforme de communication collaboration, cybersécurité,…) Ces investissements digitaux sont directement intégrés dans les produits et solutions d’ENGIE : il est donc difficile de séparer la contribution spécifique de ces investissements digitaux. Le résultat de ces investissements peut se lire dans l’augmentation des taux d’utilisation des services par les clients d’ENGIE. A titre d’illustration, l’engagement des clients particuliers en France via un canal digital a doublé de 9% à 18% entre 2015 et 2017 tandis que l’utilisation des services Selfcare passait de 28% à 37% du nombre de clients.

o Cohérence stratégique dans le GNL

Avec, d’une part, la cession à TOTAL de ses activités GNL, et d’autre part, la montée au capital social de GTT (expert mondial en technologie cryogénique nécessaire au transport de GNL par voie maritime), quelle est la cohérence avec la stratégie d’ENGIE de détenir cette participation GTT dans l’expertise GNL ?

Réponse apportée :

GTT est aujourd’hui l’acteur mondial de référence en matière de transport de GNL par voie maritime et propose à ses clients une offre de services complète, allant de la solution technique à l’ingénierie, l’assistance à la maintenance ou encore la réalisation d’études techniques. GTT, au travers de ses résultats, contribue à la performance du Groupe. A ce titre, cette entreprise contribue de manière essentielle à faciliter le transport du gaz à l’échelle mondiale.