L’AVANCE STRATÉGIQUE D’ENGIE

L’AVANCE STRATÉGIQUE D’ENGIE

L’avance stratégique d’ENGIE grâce aux travaux sur l’interopérabilité sémantique

Le numérique est aujourd’hui présent dans tous les aspects de notre vie et nous sommes chaque jour davantage entourés par des objets et services connectés à l’Internet. Le monde de l’énergie n’échappe pas à cette règle notamment avec la révolution de l’Internet des Objets.

Dès 2010, une réflexion scientifique émerge avec le groupe ENGIE autour de la problématique de l’interopérabilité sémantique qui en découle. Comme l’explique Philippe Bourguignon, alors cadre de l’entreprise : « Un enjeu majeur réside dans le fait que les objets doivent se comprendre entre eux et savoir ce qu’ils sont les uns pour les autres. ». En 2013, le projet européen  SEAS (Smart Energy Aware System)1 est mis sur pied à ce sujet avec ENGIE comme porteur de projet, autour de 35 partenaires issus de 7 pays et avec un financement de 15 millions d’euros.

L’idée est de concevoir un écosystème global de services et d’objets distribués collectivement, capables d’assurer la stabilité et l’efficience énergétique de la grille électrique de demain. C’est Maxime Lefrançois qui s’implique sur le projet pour l’Ecole des Mines de Saint-Étienne avec comme objectif de développer un modèle de connaissance, une langue commune (ou ontologie) suffisamment générique pour présenter les informations de tous les silos composant l’écosystème (smart grid, smart building, véhicules électriques, objets connectés…) et permettre de dialoguer avec et entre eux de façon uniforme. L’ontologie développée est portée en 2015 auprès de l’ETSI, organisme européen de standardisation des télécommunications, et est intégrée au projet SAREF dont le but est de mettre en place un référentiel commun à l’échelle du continent.

En parallèle de ce premier projet, une collaboration pérenne se met en place entre l’Institut Henri Fayol (Mines Saint-Étienne) et ENGIE : contrats de recherche bilatéraux pour notamment poursuivre le développement du modèle de connaissances de SEAS en open source. Maxime Lefrançois précise : « ENGIE et les équipes de Philippe Bourguignon et de Philippe Calvez ont dès le départ placé les travaux dans un cadre de partage de la propriété intellectuelle avec une production logicielle en open source. Ce choix a été essentiel pour permettre le développement et la diffusion à grande échelle de l’opérabilité sémantique. » Cette volonté a également été appliquée pour le développement du langage d’intégration des connaissances SPARQL-Generate, qui permet à partir de sources hétérogènes de générer du RDF : la langue du web sémantique.

Bien qu’indirectes, les retombées de ces projets et notamment des développements originaux de SEAS sont énormes pour ENGIE. « Ces travaux sur le web sémantique et l’interopérabilité ont permis une avance de plusieurs années pour la stratégie du groupe en intégrant en amont le numérique de façon dominante dans nos problématiques énergie. C’est ainsi que la logique stratégique des 3D (décarboné, digitalisé et décentralisé) d’ENGIE est née en 2014 des travaux menés dans le cadre du projet SEAS. Ce projet est une formidable réussite intellectuelle et académique » conclut Philippe Bourguignon.

En 2020, la collaboration entre l’Institut Henri Fayol et le Lab CSAI – ENGIE Lab CRIGEN se poursuit avec le démarrage d’une thèse en intelligence artificielle, à la croisée du web sémantique et des systèmes multi-agents (SMA). Le domaine d’application est le bâtiment comme élément intégré dans des réseaux plus larges qu’ils soient d’énergie, de chaleur ou d’eau. L’objectif de cette thèse est de réaliser un système multi-agents permettant d’assurer la coordination entre les différents systèmes décentralisés de gestion du bâtiment.


EUREKA ITEA2 12004