AG2S prend position

AG2S prend position

Le Conseil d’Administration de l’association a pris position sur les points suivants :

Le positionnement de l’Etat relatif à sa participation au capital est-il favorable ou fragilise-t-il ENGIE ?

A fin septembre 2017, à la suite de ses 2 ventes de janvier et septembre, la participation de l’Etat dans le Groupe ENGIE s’est réduite à 24,1% du capital et à 27,6 % des droits de vote. L'effet des droits de vote double n'étant pas encore visible au regard de la durée de détention minimale requise (Loi Florange), l'atteinte des 33,33 % annoncée ne se fera donc que progressivement. L'Etat a ainsi perdu transitoirement sa minorité de blocage et, aujourd'hui, le groupe n'est pas à l'abri d’une OPA ou d’une prise de contrôle par une autre société. De plus, le Gouvernement a annoncé une prochaine vente.

Bien que le Groupe ENGIE soit international (il a réalisé un chiffre d’affaire de 66,6 Mds€ en 2016 dont 37,4 % en France, 14% en Belgique, 26,9% autres pays UE, reste du monde 21,7%), ce désengagement montre qu’il n’est pas d’un intérêt particulièrement stratégique aux yeux du Gouvernement (au contraire de la situation d’EDF avec son activité nucléaire).

Il est donc légitime de se poser la question de savoir si l’Etat n’a pas jusqu’à présent privilégié son intérêt à court terme en soutenant une politique de dividende élevé par rapport aux résultats du Groupe, pénalisant ainsi les investissements ? Or dans le cadre de la transition énergétique, programme majeur du Gouvernement, ENGIE s’est fixé comme axes stratégiques la décarbonisation, la décentralisation et la digitalisation qui exigent des investissements dans les énergies renouvelables, les infrastructures et les solutions clients. Le Groupe aura t’il les moyens de ses ambitions ?

Faut-il développer l’actionnariat salarié ? Pourquoi ?

L’actionnariat salarié est un actionnariat de long terme qui permet de constituer un noyau stable d’actionnaires défendant l’intérêt de l’entreprise et sa pérennité, évitant le risque d’une intervention hostile d’autres groupes (OPA ou prise de contrôle par une autre société); de plus il permet de donner confiance aux salariés.

A fin 2016, 2,75% du capital d‘ENGIE était détenu par les salariés, mais le débouclage de Link 2014 en 2019 conduira à une forte baisse du taux d’actionnariat salarié qui pourrait passer à 1,5 % d’ici quelques années alors que le taux actuel est déjà très faible par comparaison aux grands Groupes du CAC40 ou SBF120 (dans 17 groupes - sur les 73 concernés par l’étude - la participation se situe entre 5% et 27%).

Les ventes de l’Etat en 2017, auront pour conséquence de renforcer l’actionnariat salarié (obligation légale). Ainsi 22,2 millions de titres vont être proposés aux salariés et anciens salariés, soit 0,9% du capital d’ENGIE. Cela portera donc provisoirement son niveau à 3,6% avant de redescendre à 2,4% (effet débouclage Link 2014).

Dans ce contexte et après analyse de la situation, AG2S, l’unique association des actionnaires salariés et anciens salariés du Groupe ENGIE interpelle la Direction et l’Etat pour que la participation des actionnaires salariés et anciens soit privilégiée et atteigne 5% à court terme. L’ORS 2018 sera un premier signal à laquelle nous apporterons notre soutien si les termes de l’offre proposée respectent au moins les deux conditions que nous avons rappelées à plusieurs occasions :

  • que les anciens salariés puissent y souscrire,
  • qu’une solution soit proposée pour garantir le capital investi (au moins partiellement).

Enfin, nous souhaitons qu’une ORS soit réalisée chaque année.

AG2S doit-elle participer à la gouvernance du Groupe ?

AG2S se veut partie prenante dans la gouvernance du Groupe afin de s’assurer de sa pérennité et surtout de la préservation de l’épargne des salariés et anciens salariés.

Un signal fort serait donné en réservant le siège d’administrateur représentant les actionnaires salariés au Conseil d’Administration à notre association AG2S.

Nous voulons assurer une vigilance accrue sur la déclinaison des objectifs stratégiques. Par exemple s’assurer que les « business plan » ne privilégient pas la maîtrise des coûts (ex. réorganisation) dans la recherche de compétitivité. Nos interventions auprès de la Direction seront d’autant plus pertinentes que les actionnaires salariés nous remonteront leurs avis en rejoignant l’association.  

La valeur de l’action reflétant les jugements portés par les analystes, les investisseurs, le marché sur la stratégie d’ENGIE et l’atteinte des objectifs stratégiques, nous assurerons également une veille particulière sur les évènements extérieurs pouvant impacter le Groupe ENGIE: avis des experts, projets de fusion (ex. cas INNOGY) ou conséquences des OPA, fusions ou concentrations (ex. UNIPER absorbé par FORTUM) ou nouvel entrant (ex. TOTAL) …

Etant adhérent et membre du Conseil Fédéral de la FAS (Fédération Française des Associations d'Actionnaires Salariés et Anciens Salariés) nous sommes informés des décisions ou projets des Pouvoirs Publics (notamment la fiscalité) et de la Commission Européenne. Nous continuerons à avoir recours à son aide pour nous conseiller et nous tenir informés de la situation des autres associations par contacts directs ou en réalisant des benchmarks.

Pourquoi le rôle d’AG2S est-il de préserver l’épargne des actionnaires salariés ?

Les actionnaires salariés investissent une part souvent importante de leur capacité d’épargne en épargne salariale (pour beaucoup en vue de leur retraite) mais ils investissent également dans l’entreprise leur capital humain. Ainsi ils assument un risque important de leur double capital en cas de difficulté de l’entreprise (ou d’OPA…).

Notre objectif est de nous assurer que toute décision encourage et préserve l’épargne des actionnaires salariés et anciens salariés, marque de leur implication et de leur confiance dans leur entreprise.